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“World-Man Bio”, Jay le vegan sympa

Pour Jay le bio et le vegan se vivent sur scène avec son spectacle "World-Man Bio, Vegan mais sympa!" joué actuellement tous les mardis soir au Théâtre BO Saint Martin, Paris. J'ai voulu en savoir plus sur celui qui défend l'humour pour présenter ces idées.
Le Pitch de "World-Man Bio, Vegan mais sympa!"
Lorsque son entourage apprend qu'il est végétarien, Jay se heurte à l'indignation familiale :
- C'est quoi cette lubie... ?
- Et les carottes, elles ont pas des sentiments peut-être ?
- T'es pas végan au moins ?!
- Ça expliquerait pourquoi il est si chiant...
Pas facile de sensibiliser son cousin, JP, bifteckophile et viandoxivore, à la cause animale et écologique en général. Alors Jay décide de quitter son petit monde pour parcourir le grand ! Il nous raconte ses aventures, rapportées de 64 pays : sommelier aux Etats-Unis, acteur à Bollywood, moniteur de colo' en Australie; les galères de l'autostop, l'ambiance des auberges de jeunesse, son séjour chez les hippies; et partage avec nous sa "philosophie de l'aventure". Voyagez avec lui ! Jusqu'au-delà du bout du monde : dans le royaume shamanique des esprits, à la rencontre de votre animal-pouvoir ! Un one-man-show drôlement initiatique, garanti sans moralisation (... ou comment rendre marrants des sujets inintéressants, d'après JP).

Pour commencer est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Avec plaisir ! Pour commencer : je me fais appeler Jay (avec enthousiasme) parce que ça met de bonne humeur de s'appeler comme on le souhaite ! J'ai grandi en Provence, pensant ne jamais la quitter, mais les rencontres et les études m'ont finalement poussé à visiter près de soixante-dix pays (ça a été ça mes vraies études !). Néanmoins je suis titulaire d'un master en droit international et en négociations internationales. Plus récemment : j'ai appris "l'acting" à l'école "Acting International", et le théâtre à l'école "Éponyme". Depuis j'ai participé à pas mal de projets : Scènes de ménages (M6); Un peuple et son roi (cinéma); etc. J'ai aussi été Maître JEDI à Disneyland, pendant huit mois !

Comment avez-vous eu l'idée de ce spectacle ?

Ça a commencé par un défi qu'on s'est lancé entre copains : écrire un sketch pour telle date butoir, et oser le jouer sur une scène ouverte des Grands Boulevards. Chacun devait amener sa matière lors de nos réunions hebdomadaires : on comptait ensuite sur la jovialité du groupe pour la rendre drôle. J'ai choisi mon "coming-out" végétarien comme sujet de départ et je suis allé au bout du défi qu'on s'était lancé ! Ayant adoré l'expérience, j'ai voulu écrire d'autres sketchs, tous engagés, tous défendant une idée : parce que je ne me vois pas simplement raconter des blagues, ou mettre en scène, même de façon humoristique, des épisodes de vie sans y exposer des idées que j'aurais mûries par expérience et qui me guident dans mes choix de vie et colorent ma vision du monde. On a tous des idées : il faut les partager !

Quel est le profil de votre public ?

C'est bigarré ! Au départ, ce spectacle, je l'ai écrit pour des gens qui ne sont pas sensibles à l'écologie ni au végétarisme/véganisme. Ce sont eux que j'avais en tête en validant ou invalidant mes vannes... parce que l'humour est justement un excellent moyen de leur présenter ces idées critiques ! Mais ce sont surtout des vegans qui se déplaçaient pour me voir : parce que l'humour "vegan friendly" est peu représenté sur scène, par solidarité, ou pour vérifier que je ne dis pas de bêtises. J'en suis sûr ! (rire) Désormais que "World-Man Bio" gagne en réputation, et que les retours qui sont faits sur billetreduc rassurent (le show plaît à tout le monde, vegan ou non) j'ai un public de plus en plus varié... quant à l'âge : je pensais surtout faire rire les 25-45 ans mais les très jeunes comme les moins-très-jeunes viennent et rient aussi !

Comment se sont passées les premières représentations ?

J'ai eu la chance de remplir ma salle (ou quasi) onze fois d'affiler !
Et d'avoir des retours touchants et encourageants... bref : perso je me suis éclaté !!! Et je continue ! Le public aussi apparemment... Je peux pas vraiment demander plus pour le moment : le spectacle est tout jeune, à ce jour je ne l'ai joué que dix-sept fois... Or ce genre de projet se mûrit, paraît-il, sur trois à cinq ans !

Comment est le public quand vous êtes sur scène ? Est-ce que vous entendez parfois certaines réactions qui vous déstabilise ? Avez-vous changé des passages ?

Oui j'entends les réactions, mais non ça ne me déstabilise pas, au contraire ! J'adore m'écarter du texte pour dialoguer avec le public : au point que, dans une des versions du spectacle, j'avais fini par le préciser : "C'est un spectacle interactif : vous pouvez m'interrompre... C'est chiant, mais apparemment c'est marrant." Néanmoins il y a un texte et le chrono qui me limitent dans mes digressions... je précise aussi que je ne taquine que les volontaires.
Je modifie le texte chaque semaine à vrai dire, ou bien l'interprétation. Avec mes dix-sept représentations je suis un débutant ! J'ai donc une grosse marge de progression que je compte explorer à fond ! Il n'y a que le temps que je dédie à la promotion du spectacle qui parvient à m'en empêcher.

Vous jouez sur Paris en ce moment, est-ce que vous avez prévu de jouer également dans d'autres villes de France, voir dans d'autres pays ?

C'est mon envie et c'est en train de s'organiser ! En tout cas pour ce qui concerne les autres villes. Aussi j'encourage les non-parisiens à suivre l'actu du spectacle sur ma page facebook et sur instagram.
Pour ce qui est de jouer à l'étranger : j'ai commencé à entreprendre des démarches à ce sujet... mais la vérité c'est que j'aimerais traduire le show en anglais d'abord, pour ne pas exclure le public non-francophone et toucher le plus grand nombre de mes contemporains. La seconde partie du spectacle étant dédiée aux voyages, il y a vraiment de quoi intéresser les touristes ou les expats, qui sont parmi les plus aptes au changement et donc les plus à même d'apprécier des idées nouvelles et de les faire passer.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

Dans un bunker à filtrer de l'air et de l'eau... ou dans un état fasciste, replié sur lui-même, qui laissera mourir la moitié de l'humanité à ses frontières... au mieux dans le même monde qu'aujourd'hui, avec moins de ressources, moins d'animaux, moins de joies enfantines et naïves... davantage de télévisions aux programmes abrutissants et manipulateurs... Si j'étais optimiste, je ne m'acharnerais pas comme ça a tenter de changer les choses à mon petit niveau. Liberté, égalité, c'est un débat sans fin pour trouver le bon dosage. Il nous faut plus de fraternité par contre, et là il n'y a pas de maximum... j'espère que ma goutte d'eau participera au vase !
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